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Le maelstrÖm reEvolution fiEstival #3

a eu lieu les 14, 15 et 16 mai 2009

à Bruxelles à l'Espace Senghor

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Programme

Jeudi 14 mai 2009 à partir de 20h00

LE GORILLE de Jodorowsky…

Vendredi 15 mai 2009 à partir de 19h30

Chamanisme et réÉvolution poÉtique…

Samedi 16 mai 2009 à partir de 14h

Accueil des Enfants, FiEsta, Poésie, Musique et Banquet des Poètes

 


Jeudi 14 mai 2009

LE GORILLE de Jodorowsky…

• 20h30     Le Gorille – théâtre avec Brontis Jodorowsky. Pour la première fois à Bruxelles, cette pièce écrite et mise en scène par Alejandro Jodorowsky, inspirée à la nouvelle « Communication à une académie » de Franz Kafka. Un gorille accède à l’humanité. Peu avant que lui soit décernée cette haute distinction, il tient, devant les illustres représentants de cette Académie, un discours dérangeant sur son nouveau statut d’humain…
• 21h45  Carte blanche à Alejandro Jodorowsky Le metteur en scène, poète, cinéaste et bédéiste chilien a rencontré le public en parlant de son théâtre, de l’art comme art de guérison, de poésie…
• 22h30  Dédicaces Alejandro Jodorowsky

Adaptation, musique et mise en scène Alejandro Jodorowsky
D’après «Communication à une Académie», de Franz Kafka
Texte français de Brontis Jodorowsky
Avec : Brontis Jodorowsky
Assistant à la mise en scène Antonio Bertoli
Costume Elisabeth de Sauverzac | Lumière Arnaud Jung | Prothèse Sylvie Vanhelle
Production: Fondazione Monte dei Paschi di Siena en collaboration avec Vernice Progetti Culturali et la Commune de Poggibonsi pour Fenice International Nine Arts Festival
Coproduction: le Théâtre du Tournant
Avec le soutien de La Boite à Rêves - Compagnie Jérôme Savary

LE GORILLE ET NOUS
(Alejandro Jodorowsky, 22 février 2009)

Dans ma jeunesse, quand semblable à une chrysalide dans son cocon, mon esprit se tordait en tous sens cherchant douloureusement à dépasser ses limites pour devenir un papillon invisible et infini, j’ai lu la nouvelle de Kafka «Rapport pour une académie». Ces quelques pages m’ôtèrent tout espoir : je me sentis comme une graine stérile dans la terre.
Ce n’est pas par hasard si la nouvelle semble inachevée : la chenille y pourrit sans jamais réussir à prendre son envol. C’est la triste histoire d’un singe capturé qui, afin d’éviter d’être exposé dans un zoo, entreprend la lourde tâche d’acquérir le langage humain, pour ainsi se glisser dans une société qui finit par le démolir. Sa seule réussite est d’être récompensé par une académie universitaire, qui ne le reconnaît pas en tant qu’âme consciente, mais admire plutôt chez lui la bête capable d’imiter le parler et l’attitude d’un homme moyen.
Le gorille kafkaïen est une victime absolue. Tout comme les immigrés qui s’entassent dans des quartiers-ghettos, que l’on tolère et exploite dans des tâches méprisées, sans jamais les reconnaître en tant que concitoyens à part entière.
Il m’a semblé que Kafka ne donnait pas à son singe l’opportunité de s’exprimer, de se révolter, de se réaliser dans la prise de conscience que le bonheur consiste à être ce que l’on est et non ce que les autres nous imposent d’être.
Partant donc du texte de Kafka, j’ai écrit un monologue théâtral qui montre l’éveil d’un esprit, d’abord primitif, ensuite vindicatif et pour finir accompli, c’est à dire conscient de l’inutilité de tout ce paraître qui nous éloigne de l’authenticité.
D’une certaine manière, moi-même, enfant d’émigrés russo-juifs échoués au Chili, j’ai subi pendant mon enfance le rejet d’une société qui nous regardait comme différents, c’est à dire comme nocifs.
L’effort de s’intégrer à un monde qui nous tolère mais nous méprise est terrible. C’est ce dont parle «Le gorille».
Cette histoire me touchait de si près, que je n’ai pu la confier qu’à mon fils Brontis qui, bien que français par sa mère, est un éternel émigrant par son père : enfant je l’ai trimbalé d’un pays à l’autre, lui répétant sans cesse «ta patrie, ce sont tes souliers». Personne ne peut interpréter comme lui ce singe, sans territoire, sans famille, sans amis, incarnant toujours un personnage devant un public qui n’applaudit en lui que le monstre inoffensif.
Un père et un fils, peuvent-ils travailler en bonne entente ? Ce fut le cas. Nous nous sentions à ce point concernés par le sujet, que nous nous fondions l’un dans l’autre.
Quand, dans les derniers jours de répétions, nous avons crée la scène où le singe se révolte enfin, nous nous sommes pris dans les bras pour pleurer en pensant à nos ancêtres, cette longue lignée de tristes mais vaillants gorilles.


Vendredi 15 mai 2009

Chamanisme et réÉvolution poÉtique…

• 20h00     Ouverture chamanique du fiEstival aux sons du didgeridoo, cet instrument ancestral des aborigènes d’Australie avec les artistes de l'Asbl PACHAMAMA (Be) et aux rythmes des voix et tambours amérindiens de Möe Clark et Charles Coocoo
• 20h20  Ligne rouge Performance avec Serge Pey (Fra) et Chiara Mulas (Ita) que les auteurs dénomment action de philosophie directe et qui allie la poésie sonore, l’installation, la vidéo et la poésie sémantique.…
• 22h00  réÉvolution poÉtique ! Première rencontre avec le public des principaux fondateurs du réseau d’actions poétiques qui a lancé en 2002 des milliers de poèmes sur la ville de Gênes en Italie et qui le 11 septembre 2003 incitait à des attentats poétiques dans le monde entier. Le groupe s'est interrogé sur le sens même de la poésie, du poétique, de sa relation avec l’art thérapeutique, et des liens que l’exercice poétique recrée entre le quotidien, le plan du monde social et le vivant, le plan du mythe, entre le visible et l’invisible… Avec : Antonio Bertoli, Martin Bakero, Serge Pey, Charles Coocoo, David Giannoni.

ligne rougeLIGNE ROUGE (Serge Pey et Chiara Mulas)

«L’extérieur et l’intérieur sont les deux faces d’une monnaie qui tourne éternellement en mélangeant ses faces dans l’échange des mouvements de la guerre des faces.
Cette monnaie creuse un trou sur une table qui elle aussi  n’est ni l’extérieur ni l’intérieur d’un visage qui se fait saigner avec un miroir à force de quêter sa ressemblance.
En tournant elle devient son propre trou  qui permet de gagner le combat contre les autres trous du mouvement des ressemblances Nous creusons le trou où tombent tous les trous car nous mêmes sommes devenus un trou.
Distribuez des miroirs à l’ennemi pour qu’il fasse saigner tous ses visages en cherchant sa ressemblance est la tache du combattant qui ne cherche plus sa ressemblance.»
Ligne rouge est une performance qui allie la poésie sonore, l’installation, la vidéo et la poésie sémantique.
Comment lutter dans le visible et l’invisible est le sens de cette action exceptionnelle que Serge Pey et Chiara Mulas dénomment action de philosophie directe.


Samedi 16 mai 2009 à partir de 14h.

Accueil des Enfants, FiEsta, Poésie, Musique et Banquet des Poètes

• À 14h00 Le goûter des indiens… Accueil des enfants par le chamane amérindien Charles Coocoo-Matotoson Iriniu et par d’autres artistes dans «l’Ecole des pouvoirs» du fiEstival: récits, contes des origines, musiques, chants, ateliers créatifs à l’intention du tout jeune public de 6 à 12 ans. Jusque 19h30.
• 16h00 Le Thé des Écrivains Présentations croisées de romans par les auteurs : Sophie Buyse (Be) | Damien Spleeters (Be) | Mario Paluan (Ita) | Renaud Coppens (Be)
• Booklegs Party ! Performances poétiques, musicales avec Martin Bakero (Chili-Fr) | Véronique Bergen (Be) | Antoine Wauters (Be) | Pierre Guéry (Fra) | Damien Spleeters (Be) | Xavier Löwenthal (Be) | Jean-Luc De Meyer (Be) | Olivier Dombret (Be) | Boris Crack (Fra) | Benjamin Pottel (Be) | Renaud Grandjean (Be) | Marco Parente (Ita) et beaucoup d’autres...
• Le Banquet des Auteurs rituel est préparé par les auteurs et collaborateurs de maelstrÖm, une autre façon de se rencontrer : public et artistes partagent le repas…
• Couples en performance  ! des « couples » d’auteurs et performers s’alternent sur scène : les belges Vincent Tholomé et Laurence Vielle . les artistes de spoken word canadiens Dwayne Morgan et Möe Clark (lectures en français par la traductrice Élizabeth Robert (Ca), Dominique Massaut – Be et Pierre Guéry - Fr) . les italiens Antonio Bertoli et Marco Parente . Pour le finale, un chant de Charles Coocoo accompagné par les Wemotashee Singers.
• Grande JAM Session Poético-Musicale de clôture… introduite par Jean-Luc de Meyer (Be) et Tom Nisse (Be) et ouverte aux lectures spontanées des personnes du PUBLIC !!!
... un temps de partage, de rencontres, d’émotions.



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