Artistes de tous les fiEstivals

L’être humain est un agencement d’anomalies. Venues des temps anciens - primaires - les premières forment de vies entamèrent les premières mutations - leur intérieur était instable puisque vivant. Dans un contexte de vie et de mort, les mutants défectueux périssaient afin que seuls les gênes viables persistent et se transmettent dans cette chaîne interminable d’accouplement - le monde n’est qu’une grande chambre à forniquer. Au milieu des innombrables accouplements sauvages - autant végétal qu’animal - mes parents, comme les autres, ont mélangé leurs anomalies pour engendrer une nouvelle combinaison de celles-ci. Et parmi toutes les incongruités millénaires qu’ils ont glissé dans mon corps, ils m’en ont légué deux qui orientent probablement mon art davantage que les autres. J’ai la dyslexie et le daltonisme inné. Et oui, messieurs dames et iels, si la mort était censée ratisser toute imperfection pour nous lancer dans une évolution vers l’être idéal, le panel du viable est si large que persiste au sein de nos entrailles des imperfections aux effets parfois… troublants d’idiotie.

Comme tout dyslexique, quand j’actionne la partie qui gère la linguistique dans mon cerveau j’active également, et de manière disproportionnée, la parcelle qui s’occupe de la géométrie… m’empêchant ainsi de voir correctement les courbes et les lignes. Ça bouge, se tord, se déforme - les symboles nommés lettres ont pris vie. Alors, quand certains lisent shampoing il m’arrive de lire babouin. Fantaisie ? Bien sûr ! Ma cervelle dysfonctionnelle peut transformer jusqu’à la notice du micro-onde en un véritable trésor humoristique. Très jeune déjà je me suis mis à aimer la lecture pour les folies que j’y découvrais et, par la suite, la poésie - ce monde où tous.tes semblent dyslexique. Calinoures et embrassadures… Merci à vous, poéte.esse ! Car avec vous mes mutations sont comme dans un bain bien chaud, gramoulis et hmmm… miamamour. 

Le daltonisme, c’est pour ma peinture… Mon ancêtre femelle - et sachez qu’il s’agit là d’un spécimen très rare car l’anomalie qu’elle m’a légué est presque uniquement vu chez les mâles - est daltonienne. Si elle engendrait des garçons ils étaient donc voué à développer une colorimétrie interne atypique. Effectivement, mes cônes optique confondent le vert et le rouge et, parfois, quelques autres couleurs. Pourtant la peinture me fascine. Autodidacte passionné, si je ne connais rien au monde la peinture, aux écoles, etc. j’y mets toute ma vigueur pour vous donner, vraiment, le meilleur de moi !

Est probablement venue le moment où je vous parle de mon art - car tout ceci n’en a rien dit - mais j’espère que mes œuvres vous parlerons d’elles-mêmes c’est pourquoi je vous laisse avec mon analyse anatomique - ma bio comme on dit dans le jargon - et vous embrasse avec mes deux muqueuses labiales.

Aurélien Serra Di Migni,
Un être de chair et de sang. 

Photo © Arthur Scanu

 


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